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Médicaments et environnement

Présence et impact


INTRODUCTION

Ce document est un état des lieux (non exhaustif) des sources d'information relatives à la présence de résidus de médicaments dans l’environnement et des données relatives aux impacts sanitaires et environnementaux que cette présence induit.

Il a été élaboré en prenant en compte la rubrique déjà développée par le RESE : Résidus de médicaments dans l'environnement.


Eau thérapeutique pour poissons Bactérie multirésistante Eau miraculeuse pour grenouilles

Illustrations : GRAIE



Sommaire :

CONTEXTE

  1. Le résidu de médicament dans l’environnement est un micropolluant
  2. Pourquoi trouve-t-on des résidus de médicaments dans les eaux ?
  3. Quels sont les risques associés à la présence des résidus de médicaments dans l’environnement ?

1. BASES JURIDIQUES

1.1 Européennes

1.2 Nationales

2. ÉLÉMENTS DE CADRAGE ET AUTRES RÉFÉRENTIELS

2.1 Recommandations européennes

2.2 Plans nationaux

2.2.1 Plan National Santé Environnement 2 2009-2013 : PNSE2

2.2.2 Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux (PNRM) 2010-2015

2.2.3 Plan National Santé Environnement 3 2015-2019 : PNSE3

2.2.4 Plan micropolluants 2016-2021 pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité

3. ÉLÉMENTS MÉTHODOLOGIQUES

3.1 Quel est l’impact environnemental des résidus de médicaments dans l’environnement ?

3.2 Quel est l’impact sanitaire des résidus de médicament dans l’environnement ?

3.3 Mesures indirectes de réduction des risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement :

3.3.1 Cyclamed

3.3.2 Réglementation européenne relative aux Autorisations de Mise sur le Marché (AMM)

3.3.3 Indice suédois de classement des principes actifs en fonction de leur impact pour l’environnement

4. RETOURS D'EXPÉRIENCES

5. DOCUMENTATION ET BIBLIOGRAPHIE

5.1 Guide de bonnes pratiques

5.2 Études relatives à la contamination environnementale des médicaments

5.2.1 Première mise en évidence de la présence de médicaments dans les eaux

5.2.2 Au début des années 2000, multiplication des molécules retrouvées

5.2.3 Prise de conscience de l'ubiquité des médicaments dans l'environnement

5.2.4 Rapport INERIS 2020 : Substances Pertinentes à Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface

5.2.5 INRAE, février 2022 : Une première étude mondiale pour évaluer l’étendue de la pollution médicamenteuse des rivières

5.3 Expertises de l’Académie Nationale de Pharmacie

5.3.1 Rapport d’expertise de l’Académie nationale de Médecine (AnM), l’Académie nationale de Pharmacie (AnP) et l’Académie Vétérinaire de France (AVF)

5.3.2 Rapport de mars 2019 l’Académie nationale de Pharmacie « Médicaments et environnement »

5.4 Mesures de réduction d’impact du médicament sur l’environnement prises par l’industrie

6. SITES INTERNET

7. COLLOQUES



CONTEXTE

1. Le résidu de médicament dans l’environnement est un micropolluant

Un micropolluant peut être défini comme une substance indésirable détectable dans l’environnement à très faible concentration (microgramme par litre voire nanogramme par litre). Sa présence est, au moins en partie, due à l’activité humaine (procédés industriels, pratiques agricoles ou activités quotidiennes) et peut à ces très faibles concentrations engendrer des effets négatifs sur les organismes vivants en raison de sa toxicité, de sa persistance et de sa bioaccumulation.

De nombreuses molécules présentant des propriétés chimiques différentes sont concernées (plus de 110 000 molécules sont recensées par la réglementation européenne), qu’elles soient organiques ou minérales, biodégradables ou non tels les plastifiants, détergents, métaux, hydrocarbures, pesticides, cosmétiques ou encore les médicaments.

Source : 2021 011 EARM4 Mise à jour du plan micropolluants (ecologie.gouv.fr).

 

2. Pourquoi trouve-t-on des résidus de médicaments dans les eaux ?

Les médicaments humains sont des substances chimiques qui sont rejetées de façon continue dans les milieux aquatiques notamment au niveau des stations (collectives ou autonomes) de traitement des eaux usées et potentiellement des boues d’épandage et des déversoirs d’orage aménagés sur les réseaux d’assainissement.

Les voies d’entrée des médicaments vétérinaires (antibiotiques, hormones, antiparasitaires) dans les écosystèmes aquatiques sont souvent directes, via les rejets des fermes aquacoles, ou encore la re-mobilisation des résidus de médicaments présents dans les fumiers et lisiers épandus sur les sols agricoles par ruissellement.

Les concentrations dans le milieu récepteur varient selon la biodégradabilité des molécules et les capacités des installations d’assainissement (stations de traitement des eaux usées) à éventuellement les éliminer ou les transformer, sachant que celles-ci sont conçues pour traiter les paramètres physico-chimiques « classiques » : matières en suspension, DBO5, DC0, azote, phosphore).

Deux catégories de sources d’émission peuvent ainsi être identifiées :

  • les rejets dans les réseaux d’eaux usées de substances médicamenteuses et de leurs dérivés dans les urines et les fèces de la population humaine,
  • les sources d’émissions localisées liées aux rejets de l’industrie chimique fine, de l’industrie pharmaceutique, des établissements de soins, des cabinets vétérinaires, des élevages animaliers et piscicoles, des abattoirs, des centres d’équarrissages, aux collectivités locales (boues et compost), aux lixiviats ou aux épandages des boues de stations d’épuration chargées de résidus médicamenteux… Les rejets des établissements de soins représentent une situation particulière en raison du nombre de malades traités, de la quantité et de la diversité des médicaments utilisés notamment des anticancéreux, des anesthésiques, des antibiotiques, des produits de diagnostic, de contraste ou des produits radioactifs

Source : Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux, 30 mai 2011.

 

3. Quels sont les risques associés à la présence des résidus de médicaments dans l’environnement ?

Si le développement et l’usage de médicaments ont permis d’améliorer notre santé et notre espérance de vie, leurs résidus sont facteurs de pollution sanitaire et impactent aussi l’environnement et les organismes vivants.

Depuis plusieurs années, la communauté scientifique, les pouvoirs publics et le public s’interrogent sur la présence dans les milieux aquatiques (eaux de surface, eaux souterraines, milieux de transfert, sols) et dans l’eau potable, à l’état de traces, de résidus de médicaments et sur leurs effets sur l’environnement et la santé humaine.

Cette interrogation s’inscrit dans un contexte plus général de préservation de l’environnement et des ressources en eau .

Afin de prévenir ces risques, la réglementation a mis en place des moyens de contrôle, et des actions de réductions des risques, développées ci-après.

 

1. BASES JURIDIQUES

1.1 Européennes

Les nouvelles règles de l’UE ont été adoptées le 10 avril 2024 pour améliorer le traitement et la réutilisation des eaux urbaines résiduaires :

  • Une meilleure surveillance des polluants chimiques, des agents pathogènes et de la résistance aux antimicrobiens
  • Les producteurs de produits pharmaceutiques et cosmétiques, ainsi que les États membres devront financer les coûts supplémentaires de traitement des micropolluants
  • Plus de réutilisation des eaux usées urbaines traitées pour prévenir la pénurie d’eau

La Directive 2004/27/CE, modifiant la Directive 2001/83/CE rend obligatoire l'évaluation des risques environnementaux pour tout nouveau dossier d'AMM, soumis après le 30 octobre 2005.

Cette directive a été complétée par la publication d'une ligne directrice par l’EMA en mars 2006 qui en a précisé le cadre et la méthodologie (EMA, 2006).

La Commission européenne a adopté le 11 mars 2019 une communication définissant une approche stratégique relative aux produits pharmaceutiques dans l'environnement.

La présente communication établit une approche stratégique des risques liés à la présence des produits pharmaceutiques dans l’environnement. Elle répond donc à une obligation légale de proposer une approche visant à lutter contre la pollution de l’eau par les produits pharmaceutiques. Elle contribue également à remédier au problème de la résistance aux antimicrobiens et honore les engagements pris au niveau international, niveau auquel l’Union, en sa qualité d’acteur de poids sur la scène mondiale, a les moyens d’encourager une vaste coopération.

S’il est clair que le traitement de nombreuses maladies chez les animaux et chez l’être humain repose sur des produits pharmaceutiques efficaces, et que de nombreuses lacunes dans les connaissances doivent encore être comblées, il existe suffisamment d’éléments de preuve indiquant qu’il convient d’agir pour réduire les risques liés à la présence de produits pharmaceutiques dans l’environnement. Pour ce faire, il est nécessaire de compter sur la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes pertinentes tout au long du cycle de vie, y compris les autorités compétentes des États membres, le secteur pharmaceutique, les professionnels de la santé humaine et de la santé vétérinaire, les patients, les agriculteurs et l’industrie de l’eau, dans la poursuite de l’objectif commun de bâtir une économie plus durable, économe en ressources et circulaire.

Nouvelle réglementation européenne relative aux médicaments à usage vétérinaire à partir du 28 janvier 2022 : Ce règlement vise à réduire la charge administrative et à renforcer le marché européen. Elle vise également à accroître la disponibilité des médicaments à usage vétérinaire sur le marché et à maintenir leur qualité en termes de santé publique, de bien-être animal et d'environnement.

 

1.2 Nationales

L’arrêté modifié du 25 janvier 2010, établissant le programme de surveillance de l’état des eaux, établit une liste de substances pertinentes à surveiller (SPAS) dans les eaux de surface françaises, à partir de 2016.

Les médicaments analysés figurent dans la liste des éléments de contrôle de surveillance de l'état chimique des différents types d’eau (surface, souterraines) :

Tableau analyse de l'eau - médicaments

 

2. ÉLÉMENTS DE CADRAGE ET AUTRES RÉFÉRENTIELS

2.1 Recommandations européennes

Un groupe d’experts européens a publié des recommandations pour favoriser une utilisation durable des médicaments et réduire les risques que leur mésusage fait courir à l’être humain comme à l’environnement.
Composé d'experts désignés par les 13 États membres de l’Union européenne participants, de représentants de l'Agence européenne des médicaments (EMA) et de la Commission européenne, ce groupe a mené ses travaux entre mars 2020 et mars 2024 dans le cadre de l'Approche stratégique de l'Union européenne (UE) concernant les produits pharmaceutiques dans l'environnement. La France était représentée par l’ANSM qui a participé activement aux travaux du groupe, en particulier pour mener 3 des 7 actions examinées
.

Le rapport final de ce groupe d’experts, présenté au réseau des chefs d’agence (HMA) en septembre 2025, formule sept grandes recommandations sur les actions que peuvent mettre en place les autorités sanitaires qui le souhaitent :

  • Encourager le bon usage des médicaments, comme les antibiotiques, pour prévenir le développement de la résistance des micro-organismes ;
  • Former les étudiants et les professionnels de santé à l'impact environnemental des médicaments ;
  • Communiquer sur l’impact environnemental des médicaments auprès du public et des professionnels de santé, tout en encadrant et limitant les allégations environnementales des titulaires d’AMM dans la publicité ;
  • Limiter le gaspillage des médicaments en adaptant les conditionnements, en utilisant des emballages durables et en augmentant leur durée de conservation ;
  • Réduire les déchets liés à l’usage des médicaments et améliorer les pratiques de tri, de destruction et d'élimination des déchets médicaux ;
  • Développer un système de collecte approprié pour les médicaments non utilisés et périmés, et inclure le concept de responsabilité élargie du producteur (REP) ;
  • Accroître l’expertise environnementale au sein des comités d’évaluation des médicaments.
Ces recommandations pourront contribuer à la mise en œuvre de la révision en cours de la législation pharmaceutique de l'UE.

 

2.2 Plans nationaux

2.2.1 Plan National Santé Environnement 2 2009-2013 : PNSE2

Le PNSE2 2009-2013.

FICHE 13 Risques émergents :

  • Action 47 Améliorer la connaissance et réduire les risques liés aux rejets de médicaments dans l’environnement

 

2.2.2 Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux (PNRM) 2010-2015

PNRM 2010-2015, mis à jour le 03.03.22 : Plan interministériel co-piloté par le ministère chargé de la santé et le ministère chargé de l’écologie.

Bilan du Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux 2011-2015 :.

Certaines actions, bien qu’initiées, n’ont pu aboutir. Elles concernent notamment la priorisation des molécules. En effet, afin de prioriser les molécules d’intérêt en fonction du besoin de connaissances, le GAS a structuré une base de données qui n’a pas pu être constituée.

L’une des principales difficultés rencontrées par les acteurs de terrain pour la mise en œuvre opérationnelle du PNRM est la disponibilité de certaines données sur les médicaments (masses de principes actifs vendus, métabolites, donnés de toxicologie ou méthodes analytiques) car les données sont parfois inexistantes, partiellement existantes ou difficiles d’accès (accès au dossier d’autorisation de mise sur le marché).

Afin d’avancer sur cette problématique, l’action 46 du PNSE 3 vise à travailler, avec l’ensemble des parties prenantes, sur la disponibilité et le partage de données permettant de connaître le danger et l’exposition pour les résidus de médicaments dans les eaux.

Les résidus de médicaments dans l’environnement ont également été appréhendés dans le cadre d’orientations plus générales au niveau national ou local. Ainsi, au niveau national, des mesures portant sur les résidus de médicaments dans l’environnement ont été inscrites dans les plans nationaux santé-environnement (PNSE 2, 2009-2013 et PNSE 3, 2014-2019) et la feuille de route gouvernementale en matière d’environnement pour l’année 2015.

 

2.2.3 Plan National Santé Environnement 3 2015-2019 : PNSE3

 

2.2.4 Plan micropolluants 2016-2021 pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité

Plan micropolluants 2016-2021 pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité - mise à jour 2020. Jusqu’à présent, certaines situations de crise et la multiplicité des molécules avaient conduit les pouvoirs publics à organiser son action autour de 3 plans :

  • le plan national de lutte contre les polychlorobiphényles (PCB),
  • le plan national sur les micropolluants,
  • le plan national sur les résidus de médicaments.

Le nouveau plan micropolluants 2016-2021 a vocation à intégrer toutes les molécules susceptibles de polluer les ressources en eau. Ce nouveau plan est dédié à la protection des eaux de surface continentales et littorales, des eaux souterraines, du biote, des sédiments et des eaux destinées à la consommation humaine. Il vise à répondre aux objectifs de bon état des eaux fixés par la directive cadre sur l’eau (DCE) et participe à ceux de la directive cadre stratégie milieu marin (DCSMM) en limitant l’apport de polluants via les cours d’eau au milieu marin.

Les trois plans mentionnés ci-dessus étant arrivés à leur terme, un nouveau plan unique pour réduire les émissions de micropolluants pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité, a été élaboré par les ministères en charge de l’Ecologie, de la Santé et de l’Agriculture, avec l’appui des parties prenantes concernées : les membres des comités de pilotage des précédents plans ont répondu à un questionnaire afin que l’on connaisse mieux leurs attentes, les administrations centrales des trois ministères concernés, l’OFB accompagné des organismes de recherche et développement, le CEREMA et les agences sanitaires ont ensuite rédigé des fiches actions pour répondre aux besoins exprimés, en concertation avec les agences de l’eau et des DREAL de bassin.

 

3. ÉLÉMENTS MÉTHODOLOGIQUES

3.1 Quel est l’impact environnemental des résidus de médicaments dans l’environnement ?

Lorsque les résidus de médicaments se retrouvent dans l’environnement, ils peuvent contaminer les organismes vivants et potentiellement les affecter, surtout s’ils sont bioaccumulables (= peuvent s’accumuler au cours du temps dans l’organisme). Les médicaments étant, de plus, des substances créées et prescrites aux patients en raison de leurs effets dans l’organisme, on peut supposer qu’elles peuvent également induire des effets chez les autres êtres vivants.

Ainsi, un article publié dans la revue « Nature » (Oaks, 2004) relie la diminution drastique de populations de vautours du Pakistan à l’accumulation dans leur organisme de résidus d’un anti-inflammatoire, le diclofénac. En se nourrissant de bétail préalablement traité avec ce médicament, ces rapaces accumulent ce composé dans leur organisme, qui entrainerait chez eux une insuffisance rénale pouvant aboutir à la mort de l’individu. Grâce à un modèle de simulation de la population des vautours, Green a ainsi constaté que si seulement 0,13 à 0,75% des carcasses à la disposition des vautours contenaient une dose létale de diclofénac, alors lui seul serait suffisant pour avoir causé, et continuer de causer, le déclin rapide de la population (Green, 2004).

Avec des effectifs de dizaines de millions d’exemplaires il y a encore une vingtaine d’années, trois espèces autochtones de vautours ont ainsi été inscrites dès le début des années 2000 dans la catégorie « en danger critique d’extinction » par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Cet exemple est une illustration des effets potentiels de médicaments sur les écosystèmes.

Selon les pays, les seuils d’impacts environnementaux ne sont pas les mêmes : aux Etats-Unis, si le principe de l'évaluation de l'impact environnemental associé au principe d'exemptions et de l'approche par étapes est partagé avec l'UE, les différences perdurent quant à la nature des premiers essais à réaliser et surtout quant à la valeur du seuil de concentration environnementale prédite pour initier les essais, valeur 10 fois plus élevée aux États-Unis (0,1 μg/L) qu'en Europe (0,01 μg/L).

Selon le rapport de l’Académie de Pharmacie de 2019 : « Il apparait ainsi, qu’en exposition chronique, certaines molécules sont actives à des concentrations entre le microgramme et la dizaine de microgrammes par litre comme, par exemple, la carbamazépine sur des crustacés, des antibiotiques sur des cyanobactéries ou la fluoxétine sur des poissons. Les hormones sont actives à des concentrations bien plus faibles, proches du nanogramme par litre (Desbiolles et al., 2018). Les données confirmant les impacts écotoxiques des résidus de édicaments sont maintenant très nombreuses et largement publiées. »

 

3.2 Quel est l’impact sanitaire des résidus de médicament dans l’environnement ?

Les effets des résidus de médicaments sur l’homme sont encore à démontrer bien que l’on ait déjà pu constater certaines conséquences sur la faune et la flore.

La question de l'impact de cette pollution est d'autant plus complexe que les résidus de médicaments sont mélangés dans les eaux à d'autres micropolluants tels que des pesticides, des détergents, des plastifiants.

Les possibles effets de synergie au sein de ces mélanges complexes sont difficiles à évaluer et suscitent des inquiétudes. Sans attendre l'analyse quantitative précise des risques de ces mélanges, il est possible et souhaitable de réduire les rejets de médicaments, notamment en évitant leur surconsommation, y compris en automédication, et en rapportant des médicaments non utilisés à la pharmacie (dispositif CYCLAMED).

 

3.3 Mesures indirectes de réduction des risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement

3.3.1 Cyclamed

La France a été le premier pays en Europe en 1993-1994 à mettre en place un système de récupération et de valorisation énergétique des médicaments non utilisés par les ménages. Depuis 1993, l’éco-organisme Cyclamed, agréé par les pouvoirs publics, pilote le programme national de tri et de valorisation des Médicaments Non Utilisés (MNU) à usage humain, afin de collecter les médicaments en toute sécurité dans l’objectif de préserver l’environnement et la santé publique.

Le pharmacien a l’obligation de récupérer ceux-ci qui sont ensuite transportés par les grossistes dans leur centre de distribution puis vers des unités de valorisation énergétique (figure ci-dessous).

Les 21 141 pharmacies d'officine de France (métropole et Outre-mer) ont récupéré 9 833 tonnes de médicaments non utilisés (MNU), périmés ou non, en 2021, selon Cyclamed.

Cyclamed en 2024 : une année d’engagement et de sensibilisation en faveur de la santé des citoyens et de la planète : Cyclamed a amorcé un tournant stratégique en 2024 grâce à l’évolution de son identité graphique et à l’adoption d’une nouvelle signature : « Trier, Apporter, Préserver ».
Cette nouvelle identité a apporté une meilleure visibilité et lisibilité parmi les 22 identités des éco-organismes français. Le logo Cyclamed est représenté dorénavant dans une gélule, une forme médicamenteuse très répandue et reconnaissable tout de suite par le grand public. La croix pharmaceutique verte reste toujours présente scellant le lien entre tous les acteurs de la chaîne du médicament. Enfin les trois verbes d’action TRIER – APPORTER – PRESERVER ont été ajoutés pour affirmer les trois missions de l’éco-organisme : inciter nos concitoyens à faire un bon tri ; apporter les médicaments périmés ou non utilisés au sein d’un réseau exceptionnel de proximité avec ses près de 20 000 pharmacies et participer à la préservation de notre environnement et de notre santé grâce à un circuit de prise en charge sécurisée et à une valorisation productrice d’énergie.

Rôle du dispositif Cyclamed pour réduire l'impact environnemental du médicament (avec l'aimable autorisation de Cyclamed).
Rôle du dispositif Cyclamed pour réduire l'impact environnemental du médicament (avec l'aimable autorisation de Cyclamed).

 

3.3.2 Réglementation européenne relative aux Autorisations de Mise sur le Marché (AMM)

Depuis 2004, l'évaluation du risque environnemental est rendue obligatoire pour toute nouvelle demande d'AMM d'un médicament à usage humain, associée à la détermination, au cas par cas, des mesures destinées à en limiter l’impact, quelle que soit la procédure d’enregistrement, mais aussi pour toute extension d'AMM ou variation de type II à l'origine d'une augmentation de l’exposition environnementale.

Cependant, l'impact environnemental ne constitue pas un critère de refus de délivrer l'AMM, contrairement aux médicaments à usage vétérinaire.

Certaines molécules sont exclues de cette évaluation comme les vitamines, les électrolytes, les acides aminés, les peptides, les glucides, les lipides, les vaccins, et les médicaments à base de plantes.

 

3.3.3 Indice suédois de classement des principes actifs en fonction de leur impact pour l’environnement

ENVIRONMENTALLY CLASSIFIED PHARMACEUTICALS, Stockholm County Council 2014-2015. Le document est intitulé « Environmentally classified pharmaceuticals » (Médicaments classés pour l’environnement) est édité par le Conseil municipal de Stockholm (Stockholm Läns Landsting).

Les médicaments sont classés selon leur capacité intrinsèque d’affecter directement les écosystèmes mais également selon l’impact potentiel des métabolites et leur devenir dans l’environnement.

La démarche mise en œuvre par la communauté urbaine de Stockholm représente une initiative pionnière intéressante en termes de sensibilisation des prescripteurs à la problématique des résidus de médicaments dans l’environnement. Elle consiste à un classement des principes actifs en fonction de leur impact sur l'environnement. Elle s’adresse aux prescripteurs qui souhaitent introduire cette préoccupation dans leur choix thérapeutique et apporte une aide pour leurs décisions. Elle est, pour le moment, et avec ses limites, la seule dans le monde.

 

4. RETOURS D'EXPÉRIENCES

Travail de l’ARS Grand-Est en 2024 :

Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Régional Santé Environnement, un nouvel appel à projets est lancé en Grand Est pour soutenir des initiatives locales en matière de santé environnement.
Cette année, c'est le thème « Médicaments & Environnement » qui est retenu. Les projets s’inscrivant dans la démarche « Une seule santé » seront mis à l’honneur.
Dépôt des candidatures jusqu'au 26 mai.

Interpellé par l’origine animale des héparines, l’Hôpital Nord Franche-Comté va réaliser une analyse du cycle de vie des 292 anticoagulants sur le marché français. Avec un objectif : adapter les stratégies thérapeutiques à l’impact environnemental.
Le programme baptisé « Prescription écoresponsable des produits anticoagulants (PEPA) », est piloté par Charles Grapinet, pharmacien praticien hospitalier et chef de service de la pharmacie « Groupement de coopération sanitaire (GCS) des établissements sanitaires et médico-sociaux du Nord Franche-Comté », regroupant des structures publiques et privées.
Signe des temps, PEPA est l’un des lauréats de l’appel à projets « Planification écologique du système de santé : volet médicaments et dispositifs médicaux » de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté. Il s’inscrit dans une logique plus large de Projet de responsabilité populationnelle et environnementale, pour lequel a été recruté un médecin en santé environnementale, Amandine Berdelou, et pour lequel ont été mis en place des groupes de travail thématiques, dont un sur la « juste prescription ».

Quels sont les médicaments qui contaminent le plus notre littoral ? (Le Moniteur des pharmacies, 20/10/2025).
Le projet Emergent’Sea (Université de Bordeaux et CNRS) met en évidence une présence étendue de substances pharmaceutiques sur tout le littoral métropolitain
.
Trois molécules dépassent des fréquences de quantification de 80 % en eau marine :

Le sulfaméthoxazole, l’acide fénofibrique et le diclofénac apparaissent dans 65 à 75 % des points surveillés, tandis que l’ibuprofène est retrouvé sur un tiers d’entre eux.
Fait marquant : la carbamazépine et l’oxazépam sont détectés jusque sur le littoral d’Ouessant, pourtant éloigné des sources continentales.
Parmi les 80 substances analysées en eau marine, 51 sont classées prioritaires. Dans le top 20 figurent six médicaments : carbamazépine, oxazépam, paracétamol, diclofénac, sulfaméthoxazole et ibuprofène.

 

5. DOCUMENTATION ET BIBLIOGRAPHIE

5.1 Guide de bonnes pratiques

OMS, Septembre 2024 : Guidance on wastewater and solid waste management for manufacturing of antibiotics (en français : Lignes directrices sur la gestion des eaux usées et des déchets solides pour la fabrication d’antibiotiques).
Le contrôle de la pollution due à la fabrication d’antibiotiques est un élément clé de la préservation de la longévité des antibiotiques pour tous. La pollution contribue à la résistance aux antibiotiques et compromet potentiellement l’efficacité des médicaments. Ces lignes directrices comprennent également les meilleures pratiques en matière de gestion des risques, y compris l’audit interne et externe et la transparence publique
.

 

5.2 Études relatives à la contamination environnementale des médicaments

5.2.1 Première mise en évidence de la présence de médicaments dans les eaux

La première mise en évidence de la présence de médicaments dans les eaux remonte à 1976 (Hignite et Aznaroff, 1977).

 

5.2.2 Au début des années 2000, multiplication des molécules retrouvées

Au début des années 2000, plus de 80 substances pharmaceutiques avaient ainsi été mesurées dans des effluents de stations d’épuration (STEP) et des eaux de surface (Heberer, 2002).

 

5.2.3 Prise de conscience de l'ubiquité des médicaments dans l'environnement

De nombreux travaux ont, depuis, confirmé l’ubiquité de ces substances dans les rivières et les eaux souterraines (Miège, 2006).

Thierry Moreau Defarges, Michel Guerbet, Jacques Massol et les participants à la Table Ronde N◦ 4 de Giens XXVI, 2011.

La gestion des effluents d’un établissement de santé - principe de la démarche et préconisations sur le suivi des rejets, GRAIE 2016.

Les médicaments sont-ils dangereux pour l’environnement ? Vivien Lecomte, 7 janvier 2013 – Ecotoxicologie.fr.

Impact environnemental des médicaments : Tenir compte des données de consommation (Prescrire, août 2024).

Recherche de résidus médicamenteux dans les eaux et le biote du littoral côtier des Alpes-Maritimes - Sensibilisation à la santé environnementale : Fin 2017, le CSIL a lancé une étude sur la recherche de 4 résidus médicamenteux (RM) : ibuprofène, diclofénac, sulfaméthoxazole et carbamazépine au niveau du littoral côtier des Alpes-Maritimes dans les baies de Cannes et Golfe-Juan. Ces molécules font partie de la liste des substances pertinentes à suivre dans les eaux de surface et sont susceptibles de s’accumuler dans la chair de certains organismes marins. Les premières analyses (2018 à 2020) ont montré la présence de RM comme l'ibuprofène et diclofénac dans les muscles et les foies de poissons sauvages, à des concentrations dépassant les seuils de quantification. Ces poissons sont des espèces régulièrement pêchées sur les côtes méditerranéennes, ces résultats montrent donc l’exposition de l’homme à ces produits pharmaceutiques. L'analyse de ces mêmes RM dans les eaux traitées par les STEP révèlent également des concentrations supérieures aux seuils de quantification des quatre résidus médicamenteux.

 

5.2.4 Rapport INERIS 2020 : Substances Pertinentes à Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface

Rapport INERIS 30/10/2020 : Substances Pertinentes à Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface - Bilan des données de surveillance acquises de 2016 à 2018 pour l'eau et le sédiment.

En synthèse :
Fréquence de quantification des médicaments et cosmétiques dans l'eau à l'échellle de la Métropole.

En conclusion : Le diclofénac (22,2 %) et la carbamazépine (15,0 %) étaient les substances pour lesquelles les dépassements de la PNEC (predicted no-effect concentrations) étaient les plus fréquents.

Fréquence de quantification des phtalates, médicaments et cosmétiques, hormones, autres types de substances, et alkylphénols et bisphénols dans l'eau à l'échellle des DROM.

Les concentrations médianes des médicaments et cosmétiques dans les eaux des DROM variaient de 0,09 à 0,13 µg/L. L’oxazépam a été quantifié une fois (sur 23 mesures) à la concentration de 1,2 µg/L. Et les concentrations médianes du bisphénol A et du 4-nonylphénol monoéthoxylate étaient de 0,03 µg/L.

À l’échelle des bassins, les résultats en matière de fréquences de quantification dans les eaux de surface montrent de probables contaminations spécifiques relatives aux substances suivantes :

  • Artois-Picardie : le molybdène, le sélénium, la propyzamide, le lénacile, tous les médicaments sauf l’ofloxacine, le paracétamol, la carbamazépine époxyde, l’estrone, et le bisphénol A ;
  • Adour-Garonne : le métolachlore et le diisobutyl phtalate ;
  • Loire-Bretagne : le titane, le thallium, le béryllium, les cyanures libres, les métabolites du métolachlore et la carbamazépine ;
  • Rhin-Meuse : le paracétamol et la carbamazépine ;
  • Seine-Normandie : l’atrazine déisopropyl, l’atrazine 2-hydroxy-déséthyl, la diméthénamide, la propyzamide, et l’acide perfluoro-n- hexanoïque.

Source : Rapport INERIS 30/10/2020 : Substances Pertinentes à Surveiller (SPAS) dans les eaux de surface - Bilan des données de surveillance acquises de 2016 à 2018 pour l'eau et le sédiment.

 

5.2.5 INRAE, février 2022 : Une première étude mondiale pour évaluer l’étendue de la pollution médicamenteuse des rivières

Publication de l’INRAE (INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L’AGRICULTURE, L’ALIMENTATION ET L’ENVIRONNEMENT), février 2022 : Une première étude mondiale pour évaluer l’étendue de la pollution médicamenteuse des rivières :

Pour la première fois, une vaste étude internationale dirigée par l’Université d’York (Royaume-Uni), à laquelle a participé INRAE et impliquant plus de 80 instituts de recherche, a analysé la pollution de 258 rivières dans une centaine de pays sur les cinq continents. Leurs résultats, publiés le 14 février 2022 dans PNAS, montrent que toutes les rivières étudiées sont contaminées par des résidus médicamenteux et qu’un quart des sites échantillonnés présentent des niveaux de pollution potentiellement dangereux pour la biodiversité aquatique. Parmi les régions les plus polluées, on trouve notamment les pays en développement où sont situées les usines de production et où le traitement des eaux usées et des déchets est peu développé : Pharmaceutical pollution of the world’s rivers: The Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), a peer reviewed journal of the National Academy of Sciences (NAS) February 14, 2022 119 (8) e2113947119.

 

5.3 Expertises de l’Académie Nationale de Pharmacie

5.3.1 Rapport d’expertise de l’Académie nationale de Médecine (AnM), l’Académie nationale de Pharmacie (AnP) et l’Académie Vétérinaire de France (AVF)

Rapport d’expertise de l’Académie nationale de Médecine (AnM), l’Académie nationale de Pharmacie (AnP) et l’Académie Vétérinaire de France (AVF), Décembre 2015.

En réponse à la saisine de la Direction Générale de la Santé (DGS) en date du 1er avril 2015, relative à l’intérêt de la démarche adoptée par la municipalité de Stockholm auprès des prescripteurs pour une prise en compte de l’impact des résidus de médicaments sur l’environnement, l’Académie nationale de Médecine (AnM), l’Académie nationale de Pharmacie (AnP) et l’Académie Vétérinaire de France (AVF) ont constitué un groupe d’expertise collective.

La saisine fait référence au document intitulé « Environmentally classified pharmaceuticals » (Médicaments classés pour l’environnement) édité par le Conseil municipal de Stockholm (Stockholm Läns Landsting 1) et dont les éléments essentiels sont transcrits dans l’annexe 1. Sur ces bases, la saisine exprime les observations et interrogations ci-après :
« Au-delà des données écotoxicologiques nécessaires à la mise en place d’un guide [du type de celui produit en Suède], il est nécessaire de travailler sur :

  • l’intérêt de la démarche,
  • la pertinence de l’indice de risque et de l’indice PBT tels que proposés dans le guide suédois ou sur d’autres voies d’approche le cas échéant,
  • les modalités pratiques qui permettraient une prise en compte de l’impact environnemental de leurs prescriptions par les médecins, les vétérinaires et de leurs dispensations par les pharmaciens (sans pour autant induire d’effets négatifs sur la Santé Publique). »

En synthèse, les Académies recommandent :

  • de faire examiner, par une instance compétente, indépendante, d’analyse collective, la validité des modes de calcul des indices et les critères chiffrés conduisant aux notations attribuées variant de « insignifiant » à « élevé » ;
  • de n’envisager une telle démarche en France qu’après une préparation particulièrement rigoureuse afin d’éviter toute déformation de l’information sur la nature du risque et d’incompréhension, de confusion entre le risque environnemental et le risque sanitaire ;
  • de concentrer l’information sur les molécules identifiées comme étant contaminantes de l’environnement et actualiser régulièrement cette information en fonction des acquisitions nouvelles de données validées ;
  • de mieux appréhender les attentes des patients, des prescripteurs et des dispensateurs au regard de la problématique par des études sociologiques ;
  • d’encourager le développement de recherches écotoxicologiques aux doses environnementales avec exposition à moyen et long termes ainsi que sur la toxicologie des mélanges pour les principes actifs, les métabolites d’intérêts et les produits de transformation des résidus de médicaments dans l’environnement ;
  • d’adopter des mesures de gestion dans les établissements de soins pour les molécules qui seraient classées à risque prioritaire à la suite d’études validées ;
  • de réduire la sur-prescription, à l’image des actions entreprises envers les antibiotiques, et chercher à quantifier le niveau de multi médications inutiles ;
  • de sensibiliser les prescripteurs, les dispensateurs et les patients à la gestion des médicaments non utilisés afin de réduire les risques pour l’environnement.

 

5.3.2 Rapport de mars 2019 l’Académie nationale de Pharmacie « Médicaments et environnement »

Rapport de mars 2019 l’Académie nationale de Pharmacie « Médicaments et environnement ».

Le présent rapport a pour objectif de rappeler les sources de contamination de l’environnement par les résidus de médicaments incluant les métabolites et les produits de transformation, de présenter brièvement un état des lieux des connaissances acquises ces dernières années (occurrence, écotoxicité…), de montrer l'évolution des obligations réglementaires et de décrire les actions de gestions proposées, tout en les discutant, afin de proposer des recommandations en accord avec les enjeux environnementaux et sanitaires associés à cette problématique. Les produits d’hygiène corporelle et dispositifs médicaux n’entrent pas dans le cadre de ce rapport.

Adopté par le Conseil d'Administration du 10 avril 2019, ce rapport est accompagné de recommandations. Il souligne l'importance de l’approche intégrée «One Health» / « Une seule santé » développée par l’Organisation Mondiale de la Santé et celle de fonder les décisions et orientations de mesures de gestion sur les analyses quantitatives des risques environnementaux et sanitaires, sans nuire à l’amélioration de l’état de santé de la population.

 

5.4 Mesures de réduction d’impact du médicament sur l’environnement prises par l’industrie

Février 2025 : Décarbonation et dépollution des eaux au menu écologique de l'industrie pharma - Point, par l’APM, sur les travaux de dépollution de l’industrie pharmaceutique :

Le respect des engagements de décarbonation du secteur pharmaceutique, la "sobriété hydrique" et la dépollution de l'eau font partie des sujets "sur le haut de la pile" du Leem (Les entreprises du médicament) en matière de transition écologique pour les deux années à venir, a exposé son directeur général adjoint, Pascal Le Guyader, dans un entretien à APMnews.

  1. L'organisation professionnelle a affiché mi-2023 un objectif de réduction de moitié des émissions de CO2 liées à la production hexagonale et à la consommation de médicaments fabriqués en France d'ici 2030, par rapport à 2021.
  2. Un autre chantier est celui de la préservation de l'eau, avec plusieurs volets : d'une part la sobriété hydrique, à savoir les moyens d'utiliser moins d'eau au cours de la production voire même de réutiliser certaines eaux traitées, et d'autre part la question des rejets d'eaux et de la présence de micropolluants issus de la production pharmaceutique dans les eaux résiduaires urbaines.

 

6. SITES INTERNET

Les médicaments dans l’eau sont-ils dangereux ? GRAIE 2014

Le GRAIE, pôle Eau et Territoires, propose un kit pédagogique : vidéos dessinées et ressources documentaires : Médicaments dans l'eau : 8 vidéos. Dernière modification le 12 déc. 2018.

Cyclamed.

 

7. COLLOQUES

Actes de la 8ème conférence « Eau & santé » du GRAIE (Groupe de Recherche, Animation technique et Information sur l’Eau, association d’intérêt général), novembre 2023.

Les thématiques suivantes ont été abordées :

Actes du colloque PHARMA AQUA du 10 mars 2022 GRAIE et INRAE : « Contamination des milieux aquatiques par les substances pharmaceutiques : Impacts sur l’environnement et risques sur la santé. ENJEUX, CONNAISSANCES ET PERSPECTIVES ».

ICRAPHE – Première conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement – Paris, les 8 et 9 septembre 2016.

Archive des autres colloques : lien vers la rubrique du RESE : Résidus de médicaments dans l'environnement.

 

Correspondant thématique : Laurence Chantoiseau - mise en ligne : octobre 2022, mise à jour : octobre 2025


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